création : 19 novembre 2016
dernière modification : 19 novembre 2016

 

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Alphonse Legille est né le 10 mars 1873 à Pompey.

L'Est Républicain nous rapporte:
« Orphelin de très bonne heure, il entra au lycée comme interne dans l'enseignement moderne en 1887.
..Son tuteur était M. Knoepl, receveur buraliste à Pagny sur Meuse, et son correspondant à Nancy M. Belner.
..Nous avons pu voir plusieurs professeurs et répétiteurs du lycée de Nancy qui se rappellent parfaitement Alphonse Legille.
..Tous sont unanimes sur son compte.
..C'était un garçon très doux, très affable, très travailleur. Son nom figure à maintes reprises sur les palmarès, en des places fort honorables.
»(1)

Il était entré à l'école spéciale militaire de Saint-Cyr en 1892. Il faisait partie de la 78e promotion (promotion de Jeanne d'Arc). Cette promotion comptait 487 membres. Alphonse en sort sous-lieutenant d'Infanterie de marine en 1895. Cent trente-neuf officiers de cette promotion tomberont au Champ d'honneur.(2)

Il est envoyé au Tonkin, chargé de travaux topographiques importants dans la haute région de ce pays.

Il revient ensuite en congé de convalescence en France. Dans le même temps éclate, dans le sud de l'Afrique, la guerre anglo-boër. Il est touché par cette histoire de colons persécutés et assassinés par les anglais colonialistes.

Il rencontre des journalistes de l'Est Républicain qui le décrivent ainsi :
« Au physique, Alphonse Legille était un grand jeune homme, brun, au teint bistré par le séjour dans les pays chauds, aux longues moustaches tombantes.
..Il nous a laissé l'impression et le souvenir d'un homme doux, à l'énergie concentrée. Il paraissait assez méditatif. »
(1)

Ne terminant pas son congé, il démissionne de l'armée française et part pour le Transvall y retrouver la Légion étrangère dont le colonel français Villebois-Mareuil a pris le commandement.

 

 

Carte du Transvaal

source : gallica.bnf.fr

 

Le 5 avril 1900, sur une petite colline à une quinzaine de kilomètres à l'est de Boshof, se trouvait une troupe de soixante-huit Boërs commandée par le colonel Villebois-Mareuil, et le lieutenant Alphonse Legille. Ils avaient avec eux deux canons et un chariot rempli de dynamite. Ils se trouvèrent attaqué par un corps de yeomanry impériale sous les ordres de Chesham, et de l'infanterie montée de Kimberley, sous le colonel Peakman.

Armée anglaise en Sud-Afrique

n°1 d'une série instructive recommandée pour les écoles - début 1900-

Alors que le combat faisait rage, le colonel Villebois-Mareuil s'effondra, touché mortellement à la poitrine par un éclat de d'obus. Le lieutenant Alphonse Legille y trouve la mort également.

le combat entre Boërs et l'armée anglaise

n°10 d'une série instructive recommandée pour les écoles - début 1900-

Un télégramme de Lord Methuen, révélera par la suite « les Boërs qui ont été battus ont opposé pendant quatre heures une grande résistance.
Ils ne se sont rendus que lorsque les troupes anglaises, baïonnette au canon, n'ont été qu'à une quinzaine de mètres d'eux.
»(3)
Le chroniqueur apporte la précision suivant : « On doit remarquer que les Boërs n'ont pas jusqu'ici de baïonnette à leur fusil, car c'est à peine si on commence à en faire l'essai. Il ne leur était donc plus possible de répondre, à 15 mètres, à des ennemis en force, arrivant à l'arme blanche. »

Cette bataille a fait dans les rangs des Boërs 7 tués, 11 blessés et 51 prisonniers. Deux officiers français sont morts dont notre Pompéiens.
Les anglais de leur côtés ont compté 5 tués, dont 2 lieutenants, et 10 blessés.

 

*
*...*

 

Le matin du dimanche 20 mai 1900 a lieu un service funèbre en l'église de Pompey à la mémoire d'Alphonse Legille :
..« Le cortège s'est formé, à onze heures, à la mairie de Pompey. En tête, venait l'excellente musique des usines Munier de Frouard ; puis, encadrés par la compagnie des sapeurs-pompiers de Pompey, plusieurs officiers de la garnison de Nancy, les membres de la municipalité de la commune et du comité d'organisation.
..On remarquait également la présence des vétérans de Pompey-Frouard, conduits par leur présidents, M. Hentz, et de trois classes de jeunes gens de Pompey avec leurs drapeaux.
..Au milieu d'une foule considérable, alors que la musique jouait des airs funèbres et que les cloches sonnaient le glas, le cortège s'est lentement dirigé vers l'église.
..Les pompiers de Frouard formaient la haie. Celle-ci trop petite pour contenir la foule des assistants, était pavoisée de drapeaux, d'écussons tricolores.
..Dans l'avant chœur se dressait un catafalque orné aux couleurs nationales.
..Pendant l'office, la musique des usines Munier a exécuté plusieurs morceaux. A l'élévation, la sonnerie « aux champs » s'est fait entendre au prône, M. le curé de Pompey a prononcé un émouvant discours patriotique.
..Après avoir loué la pieuse pensée des organisateurs, il a exalté le noble esprit de sacrifice et d'héroïsme qui a poussé le lieutenant Legille à aller combattre pour la cause des opprimés ; en termes élevés, il a dit tous les regrets causés par une fin si brusque, fauchant en pleine vigueur une existence si pleine de promesse.
..Pour clore la solennité, à laquelle se pressaient deux mille personnes, la musique des usines Munier a exécuté la Marseillaise.
..Tous les assistants se sont retirés très émus par cette belle cérémonie, juste hommage rendu à un de leurs meilleurs enfants par les patriotes des communes de Pompey et de Frouard.» (4)

 

*
*...*

Le samedi 5 janvier 1961, nous apprend le journal L'Univers et le Monde, un service religieux est célébré en l'église Saint-Denis du Saint-Sacrement à Paris, pour le repos des âmes des Français tués à l'ennemi pendant la guerre sud-africaine :
« On remarquait à droite de la nef le drapeau du Transvaal et à gauche celui de l'Orange.
Étaient présents : les membres du consulat du Transvaal, M. Pierson en tête ; le colonel Monteil, les lieutenants Flament, de Bréda, Etchegoyen, M. Castagnié, dont le frère a été tué à l'assaut de Mafeking.
Le frère du général de Villebois-Mareuil, malade, s'était fait excuser.
M. l'abbé Lefèvre, curé de Saint-Denis du Saint-Sacrement, a rappelé, dans une éloquente allocution, le courage et le dévouement des français qui ont pris part à la guerre du Transvaal, et il a fait l'éloge des glorieux morts : de Villebois-Mareuil, le lieutenant Legille, de l'infanterie de marine ; Robiquet, ex-sous-officier de cavalerie ; Baudin, tué à Thabanchu, etc., etc.
» (5)

 

(1) L'est Républicain du mardi 8 mai 1900.
(2) source : www.saint-cyr.org
(3) L'est Républicain du jeudi 12 avril 1900.
(4) L'est Républicain du lundi 21 mai 1900.
(5) L'Univers et le Monde du dimanche 6 janvier 1901.

 

 

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