René Jacob HECTOR

 

NOTES BREVES SUR L' ÉQUIPÉE DE 4 CAMARADES

À LA SUITE DES ÉVÉNEMENTS DU 14 JUIN 1940

--------------------

D'après un récit de V. Mathieu, un des trois premiers protagonistes de ce récit, écrit en 1941 dans la cuisine de la famille Hector demeurant à Pompey rue Nouvelle (devenue rue Saint-Anne).

Nous sommes en 1940 ...

 

Les aciéries de Pompey

Les aciéries de Pompey
source : Arch. dép. de Meurthe-et-Moselle, [42 J 26 08]. D.R.

 

Aciéries de Pompey : 8 heures du matin, l’ordre de repli des Affectés Spéciaux est donné et ce n'est pas de gaieté de cœur que nous faisons notre petit baluchon en vue du départ car il nous faut quitter femme, enfants, parents, foyer, c’est-à-dire tout et ce n'est pas peu dire.



14 h. 30 : départ de Pompey (Mathieu - Georges - Hector) pour Nancy à bicyclette à destination du dépôt du 20ème train.
Là, nous apprenons que nous devons rejoindre Dijon par nos propres moyens. Nous partons donc de Nancy vers 16h. ; à notre passage à Ceintrey nous rattrapons Hamentien et Neihouser qui sortaient de boire un demi. Nous poursuivons donc à cinq notre route vers Saint-Firmin où nous arrivons à 22h.10. Nous cantonnons chez le Maire du village où nous passons notre première nuit dans le foin dans lequel nous nous réveillons frigorifiés,

 

15 juin : départ à 4 heures, nous atteignons Mirecourt à 5h.40. Nous nous y arrêtons pour le casse-croûte, nous ne sommes pas très rassurés la ville ayant souffert la veille d'un bombardement par avions. Puis en route vers Gray (qui est encore loin) ; passage à Monthureux-sur-Saône en direction de Bourbonne-les-Bains ; mais au carrefour de Saint-Andoire nous sommes arrêtés par les gendarmes qui nous font filer en vitesse sur Jussey, les Allemands étant accrochés sur le plateau de Langres distant d'une cinquantaine de kilomètres.

A notre passage à Jussey nous perdons l’un de nos compagnons de route Hector René, nous nous séparons par deux afin de l'attendre (en dégustant quelques bouteilles de bon vin à bon marché et en emportant le couteau de cuisine qui nous sera d’une grande utilité par la suite) ou de le rattraper, mais peine perdue. Cependant nous avons hâte de quitter ce lieu qui avait été bombardé peu avant surtout que nous nous trouvons très près de la gare ; puis notre course se poursuit tant bien que mal à travers les files interminables d’autos qui sillonnent la route non sans échapper l’un et l’autre aux accidents qui n’auraient rien d’agréables ; enfin à Gevigney, nous quittons la grande route pour venir mettre pied à terre vers 18h.50 à Augicourt (environ 90 km. de notre point de départ de Saint-Firmin). Nous cantonnons chez M. Hugin Camille où un charmant accueil nous est réservé. Dégustation d'un poulet et omelette nous sont offerts par Mme Hugin que nous remercions sincèrement et à qui nous conférons aussitôt le titre de bonne grand-mère.

Au moment de nous étendre pour la 2ème fois dans le foin de l'étable, nous sommes sollicités par quatre jeunes vosgiens de 14 à 17 ans qui, ne sachant où aller, nous demandent de nous suivre ce que naturellement nous acceptons. Le plus âgé des quatre se nomme Trompette et habite Marainville-sur-Madon (Vosges). Puis c'est au tour de mademoiselle R. Antoine, institutrice à Neufchâteau, de nous faire la même demande ; c'est donc à neuf que nous serons au départ le lendemain matin pour continuer notre promenade. Mais de quel côté ? car nous apprenons par M. Hugin que les allemands ont fait sauter le pont de Gray par où nous nous proposions de passer, aussi cette nuit est-elle plutôt une attente qu'un repos car nous ne

En rouge le trajet parcouru

dormons que d'un œil en entendant les nombreuses voitures qui ne pouvant passer par Gray, rebroussent chemin pour chercher un autre passage. (Entre autre les mouches de l'étable nous tracassent aussi).


16 juin : départ comme prévu, en selle à 4 heures en direction de Besançon par Combeaufontaine où un horrible spectacle nous serre le cœur et nous fait détourner les yeux ; un camion citerne d'essence ayant été atteint par une bombe a explosé et mis le feu aux maisons ; de nombreuses voitures et leurs occupants civils et militaires ont été carbonisés.
Notre course se poursuit et nous arrivons à Scey-sur-Saône après avoir salué au passage un ami se trouvant sur un camion (Petitjean René) ; nous descendons de bécane pour aller nous rendre compte de l'état du pont qu'ont fait sauter des gens de la 5ème colonne, certainement, car une femme inconnue interdit le passage au convoi en prétextant 3 mètres d'eau sous le pont sauté ; l'instant est assez critique car nous sentons les allemands sur nos talons, aussi après quelques instants d'hésitation nous décidons de descendre dans les décombres du pont en nous cramponnant à l'armature (bûche de G. Hammentien) et en nous aidant mutuellement ; enfin l'obstacle est passé sans baignade (il était temps car nous apprenons par la suite par le camarade entrevu sur notre passage, que 10 minutes après les allemands arrivaient). Dès lors nous respirons un peu et pouvons rouler sans gêne, les voitures ayant complètement disparu de la route. Nous pédalons vers Besançon par Vy-le-Ferroux, Fretigney, etc... où nous arrivons vers 12h. À la sortie de la ville des avions à croix noire envoient leurs petits colis qui heureusement n'arrivent pas à notre adresse et comme nous roulons depuis 9 heures déjà, nous décidons de faire une halte de quelques heures. En plein champ nous essayons de dormir après avoir été rapiner des cerises, mais peine perdue, les avions qui passent à chaque instant nous obligent de nous camoufler.

 

Vers 18 heures nous reprenons la route toujours encombrée et filons vers Lons-le-Saunier, Mouchard, Arbois où nous aurions bien bu un petit coup mais nous avons hâte de nous éloigner de ces centres et notre équipée se poursuit de nuit après que Mlle Antoine eut pris place dans un camion militaire archi complet, la fatigue l’empêchant d'aller plus loin. Le camarade R. Georges ne veut plus lui aussi en ficher la secousse, car les côtes sont nombreuses et les zigzags sur la route nous font craindre à tous moments un accident ; heureusement qu’après un léger repos sur l’herbe et le froid de la nuit aidant les jambes se réveillent. Nous pouvons ainsi arriver à Bourg-en-Bresse (221 Kilomètres d'Augicourt) vers 5 heures du matin avec l'estomac criant famine (il y avait 25 heures que nous étions en route).

 

Comme nous passons devant la gare V. Mathieu s'informe s’il n'y aurait pas un train pour Lyon et, chance extraordinaire, il devait en avoir un quart d'heure plus tard, aussi c'est avec le sourire, quoique fatigués, que nous nous installons sur les banquettes après avoir été copieusement ravitaillés par la Croix-rouge de la gare. Là encore notre bonne étoile nous guidait, car le train suivant étant le dernier et partant une heure après le nôtre, était coupé en deux par une bombe d'avion.

 

L'aide alimentaire de la Croix-Rouge

L'aide alimentaire de la Croix-Rouge - ( CPA collection Jean-Luc GOURET)


Notre arrivée à Lyon se fit vers 10h. du matin (4h. pour faire cinquante six kilomètres) et comme nous méritions bien une journée de repos, ainsi que notre estomac un bon repas, chacun se mit à la recherche d’un palace. Naturellement nous devions trouver .. Te souviens-tu mon cher Victor de cette excellente friture ? Puis ce fut ensuite la recherche du lieu de repos, la nous eûmes la chance, grâce a Neihouser d'avoir chacun (nous étions 8) notre petite chambrette chez le révérend Père Pitre ; la nuit fut bonne ; excellente même mais trop courte, le brouhaha des rues nous laissant supposer que quelque chose d’anormal se passait ; en effet les troupes allemandes avançant rapidement, Lyon prenait à son tour cet air de panique que nous avions déjà rencontré bien des fois, aussi à 5 heures du matin étions nous en selle pour filer dans la direction de la Côte d'Azur en passant par Givors, cette dernière n’avait rien de réjouissant la ville ayant eu à subir un sévère bombardement, puis Tournon et St-Peray (pays du bon vin) ou en arrivant à 17h.30 nous décidions de passer la nuit (110 km du départ) et ce fut notre première à la belle étoile.

 

Ah Mathieu ce que tu es méchant et comme tu étais peu conciliant avec ce brave homme qui ne voulait pas nous laisser prendre de paille et qui voulait aller trouver M. Qui de droit, là de nouveau nous n'en menions pas large en voyant ces braves bicots mettre leurs pièces en batterie, aussi de nouveau le lendemain

 

20 juin à 4h. nous remontions sur la bécane et filions, contrairement à ce que nous indiquait un officier, dans la direction d'Avignon, mais décidions en arrivant à Le Pouzin d’abandonner la grand'route pour filer sur Privas où nous nous arrêtions et logions dans un collège après avoir obtenu non sans mal un bulletin de ravitaillement de l'autorité militaire. Te rappelles-tu Victor (encore lui) de cet idiot de sergent qui ne voulait rien lâcher, c'est la ville qui voulait cela car à la caserne Neihouser avait les mêmes difficultés avec un fourrier qui avait l'air de se prendre pour un commandant. Puis nous faisions toutes les démarches nécessaires afin de faire placer dans des fermes nos quatre jeunes compagnons ce qui aboutissait ; et comme nous pensions être en situation irrégulière nous nous déclarions au Bureau de Recrutement qui nous affectait au 155ème R.I. à Avignon (notre groupe se composait d'un artilleur, d'un aérostier, d'un cavalier et d'un fantassin) bref tout un assortiment ; aussi le lendemain

 

21 juin le paquetage était de nouveau fait et nous nous remettions en route vers Avignon pour rejoindre le dépôt ; mais en cours de route à peu de distance de la limite du Gard et de l’Ardèche vers Saint-Just nous étions arrêtés par la maréchaussée qui était intransigeante quant à notre passage, le département du Gard étant interdit aux civils par suite du nombre inusité de réfugiés s'y trouvant déjà aussi ayant fait ce que nous devions, nous décidions de rester dans l’Ardèche et venions atterrir à St-Marcel d'Ardèche où nous établissions notre P.C. à l’école communale et où Victor Mathieu nous montrait ses qualités de laveuse.

 

Cependant nous pensions être trop près de la grand'route et après discussion nous enfourchons,
le 22 juin , la bécane en direction de l'intérieur du département vers Vallon où nous arrivons après avoir traversé toute une vaste contrée de lave et pour finir notre étape une magnifique route en lacet d'une dizaine de kilomètres de descente, arrivés à Vallon nous nous déclarons immédiatement à la Mairie, qui nous fixait comme cantonnement le pays d'Auriolles à une vingtaine de kilomètres de là et de nouveau nous nous mettions en route pour arriver à Auriolles par une chaleur torride et où nous étions reçus plutôt fraîchement par le Maire du Pays M. Meynier, mais sa sœur Mme Isaas devant notre désappointement nous invitait à prendre une bonne soupe chaude et enfin tout s'arrangeait puisque ces braves gens mettaient à notre disposition un petit bâtiment qui devait nous abriter jusqu'au 14 Juillet.

 

Auriolles

Auriolles - ( CPA collection Jean-Luc GOURET)

 

Dire ce que furent ces 5 semaines d'inaction est relativement facile notre temps était, suivant les journées partagé entre le ravitaillement (Hamentien et Mathieu), la cuistance (Georges et Neihouser) la baignade et l'apéritif.

 


Ah ! ces ravitaillements avec le fouinard Hamentien G. qui savait filer à l’anglaise pour nous faire de charmantes surprises soit par l’apport d’un lapin, d’une douzaine d’œufs, d’une collection de fromages de bique que tu aimais si peu mon cher Georges R. et que cependant tu mangeais bien ; puis c’était le retour et en attendant le déjeuner la conversation roulait sur les événements après que chacun eu donné son coup d’œil sur le canard que Mathieu n’oubliait jamais de se procurer après son passage soit à la gendarmerie de Ruoms soit au tableau des nouvelles et puis l’heure de la tambouille arrivait, la table était mise sans précipitation et sans oublier les serviettes s’il vous plaît ni les litres de pinard apportés tous les jours par M. Isaac (mon capitaine) dont il manquait (par on ne sait quel mystère) quelque chose dans un ou deux litres, le déjeuner commençait agrémenté de temps à autre d’un petit plat de lapin domestique ou sauvage ou de truite ou d’un bon gâteau au riz au chocolat avec café qui était généralement meilleur à midi que le matin, deux membres du quatuor (toujours les mêmes) ne pouvant rester au lit et se hâtant de préparer le jus le goûtaient à maintes reprises ; puis ensuite l'on prenait sa petite assiette de cacao au lait de chèvre qui semblait, à la fin, aussi bon que le lait de vache, il fallait ensuite faire la vaisselle ce qui était l’apanage de notre fouinard Hamentien G. et de notre aide cuistot Georges R. et alors c’était la sieste.

 

Vers 4 heures nous enfourchions la bécane et en route pour la plage où nous faisions notre petite trempette pendant une heure que suivait un bon bain de soleil. Arrivait alors l'heure du Berger c’est-à-dire l'heure du 45 à Ruoms et nos quatre mousquetaires reprenaient bien tranquillement le chemin du cantonnement.

 

En vitesse notre chef-cuistot Neihouser préparait le repas du soir.

 

Après une bonne cigarette (le tabac, de Chine étant souvent de rigueur) et quelquefois une aubade à je ne sais qui nous avions la visite de cette bonne femme aux biques "Ven Ven ” gniet gniet " petitou ; Ah Georges H. je ne sais ce qui se mijotait dans cette maison où tu te plaisais à aller chercher le lait et comme ce brave Raymond qui souffrait des gencives le regardait partir avec un œil d’envie puis enfin et pour clore la journée Noémie (tu sens la menthe) venait nous apporter le lait cuit pour le lendemain et chacun après la petite prière du soir s'endormait en pensant à sa famille dont aucune nouvelle n'était encore parvenue, toutefois au milieu de la nuit un vague rayon de lampe électrique se reflétait dans la chambre, c’était notre brave chef cuistot qui n'ayant pu tuer son lapin de garenne se vengeait sur les puces qui lui dévoraient les parties les plus charnues de son individu ; ils s'écoulèrent ainsi trois semaines entrecoupées de petites randonnées soit à Lablachère, Joyeuse, Pont d'Arc, Vallon, La Basilique de Bonsecours etc...

 

En fin le 14 Juillet et après bien des hésitations nous reprenions la route pour venir prendre le train au Teil en passant par Villeneuve (charmant coup de pompe de Neihouser dans cette montée de 6 à 7 kilomètres) enfin nous arrivions au Teil (Ah ! les pêches les bonnes pêches) ce que vous étiez gourmands et moi aussi ; après une heure d'attente le train arrivait enfin et nous nous embarquions pour Mâcon où nous arrivions vers 14h.50 et où Georges R. nous emmenait chez son cousin Cannasse, l'accueil que nous y trouvions était si charmant, si familial que nous en étions gênés mais force nous fut de nous plier aux exigences de nos hôtes ce que nous fîmes de bon cœur bien entendu ; n'oublions pas en passant de mentionner cette séance de cinéma qui fut offerte rien que pour nous et ce joli film de propagande que nous eûmes sous les yeux. Mais les meilleurs choses ne durent qu’un temps et qu'étant toujours sans nouvelle des nôtres nous tenions à nous rapprocher de la ligne de démarcation. Nous envisageons de nouveau et après une jolie séance de pèche, de reprendre la route.

 

Le 22 juillet nous plions bagages pour joindre Châlons-sur-Saône ou plutôt St-Marcel-les-Châlons ou encore d'excellents amis (M et Mme Chaussier) nous offraient l'hospitalité jusqu'au 2 août.

Pendant notre séjour à St-Marcel nous essayons à plusieurs reprises de passer la ligne mais peine perdue, chaque fois nous étions poliment il est vrai refoulés, notons en passant que c'est pendant notre passage à St-Marcel que les premières nouvelles directes nous arrivèrent, dire à ce moment ce que fut notre joie serait assez difficile, la missive nous faisant savoir que toutes les familles se trouvaient à Pompey et en bonne santé, enfin le grand jour ou plutôt le grand soir arriva; le 2 août vers 19 heures en dégustant l'apéritif à la terrasse nous apercevons un camion KU se dirigeant vers la Maraîchère, Hamentien et Neihouser enfourchaient de suite leur bécane et trouvaient enfin le camion rêvé ; après un court entretien avec le chauffeur il était décidé que clandestinement et sous la bâche du camion nous passerions la ligne de démarcation dans la soirée vers 10 heures. Nous revenons en vitesse chercher le barda et les deux copains qui attendaient la décision avec impatience et se faisant presque tirer l'oreille avant d'accepter ; devant notre détermination de partir, le quatuor au complet se mettait en route. Après le plein d'essence de quelques bouteilles de bière on se camouflait sous la bâche et le passage à Saint-Marcel se faisait normalement non sans que le cœur batte comme un tambour et nous allions ainsi jusqu’à Chagny où nous nous arrêtions pour passer la nuit ; nuit sans sommeil.

 

Le lendemain nous ré embarquions pour Dijon où nous faisions office de commis en chargeant de nombreux colis de pains d'épices sur le camion non sans avoir aménagé au milieu un endroit pour un trio ; Georges R. ayant décidé, en se payant d’audace, de terminer le voyage à côté du chauffeur et de nouveau en route vers Charmes (Vosges). Mais en cours de route un incident qui aurait pu devenir grave nous arrêtait en pleine route ; en effet par suite de la déclivité le chargement chassant, menaçait de verser complètement et Dieu ce qu'il aurait pu advenir de nos trois compagnons se trouvant emprisonnés dans les cageots de melons et paquets de pain d'épices, heureusement l'ami Georges R. veillait et le camion s’arrêtait. Par un soleil de plomb nous déchargions le camion complètement afin de remettre tout en ordre et cela se passait sous l’œil des allemands qui sillonnaient la route dans les deux sens. Enfin après deux heures de travail nous pouvions reprendre nos places et en route pour Charmes où nous arrivons vers 20 Heures.
Nous aidons au déchargement des melons et pains d'épices et allons coucher pour la dernière fois dans un grenier avant de réintégrer chacun son chez soi.

 

Dans la gare de Dijon

Dans la gare de Dijon - ( CPA collection Jean-Luc GOURET)

 

Le lendemain dimanche 4 août nous trouvait debout à 5 heures du matin pour embarquer à destination de Nancy, mais comme par hasard le camion avait une panne et ne pouvait partir que vers 10 heures cependant que nous étions dans la remorque et qu’en face se trouvait juste la Kommandantur donc inutile de dire que nous n'en menions pas large, enfin nous démarrions pour arriver à Nancy vers 12 heures où avec un soupir de soulagement nous mettions pied à terre sur la place du Marché.

La fin de notre équipée était terminée et après avoir bu ensemble un bon demi nous prenions d'un pas allègre le chemin de Pompey pour retrouver avec une joie qu'il est inutile de d'écrire les siens et son foyer.

Nous apprenons aussitôt que notre ami Hector René qui nous avait faussé compagnie, à la 2ème étape, se trouvait encore dans le midi de la France.
Ce charmant ami se trouvant en retard sur l'horaire cycliste avait trouvé l'occasion de se placer sur un camion militaire et nous avait grillé de vitesse. Sa rentrée à Pompey a eu lieu quelques mois plus tard, fin septembre par chemin de fer.

 

................................................................................Merci et à la prochaine
......................................................................................Janvier 1941


blason de Pompey permettant le retour à l'accueil